Convulsions chez le chien : que faire ?

DV Camille CLARISSE Vétérinaire de garde

Voir son chien faire une crise convulsive est particulièrement déstabilisant. Les convulsions sont dangereuses pour votre animal, quelle que soit leur origine. Une crise isolée n’a toutefois pas les mêmes conséquences qu’un épisode prolongé ou que plusieurs crises. 

Dans tous les cas, un avis vétérinaire permet d’évaluer la situation et d’en rechercher l’origine.

Comment reconnaître une convulsion chez le chien ?

Une crise convulsive concerne généralement tout le corps. Le chien devient raide, peut tomber sur le côté et effectue parfois des mouvements rapides des pattes, comme s’il pédalait. Il peut saliver, claque des mâchoires, vocalise, urine ou défèque involontairement, peut ne plus répondre à son nom. Parfois, il peut mettre plusieurs heures à récupérer : il reste fatigué, agité ou désorienté. 

Certaines crises sont plus discrètes et ne touchent qu’une partie du corps. Le chien présente alors des mouvements anormaux de la tête ou d’un membre, un regard fixe ou des comportements inhabituels. Les convulsions peuvent également toucher les chats. Découvrez comment reconnaître une convulsion chez le chat et quels réflexes adopter face à une crise.

Il est parfois difficile, sans être un professionnel, ou sans avoir vu l’animal en crise, de distinguer une crise convulsive, d’un animal qui fait une lipothymie, une narcolepsie, une syncope, des crampes musculaires …

Quelles sont les causes possibles ?

Un chien qui convulse ne souffre pas nécessairement d’épilepsie essentielle.

Toute crise, même isolée, nécessite donc première consultation afin de s’assurer : 

  • Que l’animal l’a pas pu ingérer un produit toxique insecticide, acaricide, souricide, corvicide, topicide, antigel, batterie, huile de vidange, peinture au plomb
  • Que son bilan sanguin est normal, en particulier qu’il n’ai pas une hypoglycémie, un trouble électrolytique, une insuffisance hépatique, ou rénale
  • Qu’il n’est pas à risque de présenter une encéphalite (virale, parasitaire, dysimmunitaire)
  • Qu’il n’a pas eu de trauma crânien, ou qu’il ne présente pas d’anomalie congénitale (hydrocéphalie) 

L’ensemble de ces maladies nécessite en effet un diagnostic et une prise en charge rapide.


Si l’animal fait plusieurs crises, alors il est préférable de rechercher 

  • Une encéphalite
  • Une tumeur cérébrale 
  • Un accident vasculaire 
  • Une maladie génétique
  • Une épilepsie essentielle

En effet, les traitements et surtout le pronostic sont très différents selon les cas. 

Des examens de laboratoire et d’imagerie sont généralement nécessaires au diagnostic de ces pathologies ; le vétérinaire est là pour vous éclairer sur les modalités de ces examens, et quand les programmer.

Afin de réduire le risque de complication, il est préférable que le chien ait récupéré un degré de vigilance normale avant de réaliser des examens sous anesthésie, en revanche la présence de crises convulsives n’augmente pas significativement ce risque. 

Bien qu’il soit généralement possible de mettre en place un traitement anticonvulsivant sans réaliser d’examens, la réponse au traitement peut d’être décevante s’il ne s’agit pas d’une épilepsie essentielle, et le traitement peut être même être inutile en cas de problème électrolytique, d’accident vasculaire ou de maladie génétique, voire dangereux en cas d’insuffisance hépatique. 

Quand consulter ? 

Si votre animal vient de faire une première crise, ou qu’il est déjà sous traitement anticonvulsivant, il est préférable de contacter un vétérinaire pour décider de la marche à suivre (consultation immédiate ou différée).

Si votre animal a fait une crise de plus de 5 minutes,  ou s’il a fait plusieurs crises sur une période de 24 heures, s’il ne semble pas récupérer après la crise ou s’il présente une baisse d’appétit ou d’autres problèmes (digestifs, respiratoires), si vous pensez qu’il a pu s’intoxiquer ou qu’il y a eu un trauma (il est tombé de plusieurs mètres, il a été mordu à la tête, il saigne de la bouche, il est gonflé de la tête) s’il est sous traitement à l’insuline, mieux vaut consulter immédiatement. Si votre vétérinaire ne peut vous recevoir, nous vous invitons à nous contacter avant votre venue. 

Une crise prolongée ou des crises rapprochées s’auto entretiennent et entraînent parfois une augmentation importante de la température corporelle et des complications graves,  dont l’œdème cérébral. 

Que faire pendant une crise ?

Pendant les convulsions chez le chien, votre priorité est d’éviter qu’il ne se blesse.

Adoptez quelques réflexes simples :

  • Éloignez les meubles, objets pointus ou autres éléments contre lesquels il risque de se cogner.
  • Protégez-le d’une éventuelle chute.
  • Réduisez si possible le bruit et la lumière.
  • Chronométrer la crise dès son début, et si c’est la première fois, filmer la
  • N’essayez pas de maintenir votre chien ni de bloquer ses mouvements. Ne mettez jamais vos doigts ou un objet dans sa bouche : il ne risque pas d’avaler sa langue et pourrait vous mordre involontairement.
  • Ne lui donnez ni nourriture, ni eau, ni médicament par voie orale pendant l’épisode.
  • Lorsque la crise s’arrête, laissez-le récupérer au calme.. Évitez les manipulations inutiles et surveillez son comportement.

Prise en charge

Si le chien qui convulse est encore en crise en arrivant, des médicaments anticonvulsivants seront administrés rapidement. 

Un examen général et neurologique complet est réalisé, et parfois des examens complémentaires. 

Selon le contexte, parfois, seuls des examens seront réalisés, parfois, une mise sous médicaments voire une hospitalisation peuvent s’avérer nécessaire.

Les équipes de Vet-Urgentys, à Toulouse Purpan et Montaudran, disposent d’un plateau technique adapté aux urgences pour surveiller votre chien, gérer une crise et réaliser les premiers examens.