Chat qui ne se déplace pas : quels signes doivent alerter ?

DV Camille CLARISSE Vétérinaire de garde

Votre chat reste couché, semble inhabituellement faible, ne bouge pas ? Une perte soudaine de mobilité doit être pris très au sérieux, mais peut correspondre à des situations très différentes 

  • Un chat apathique ou prostré peut se déplacer normalement, mais n’en a pas l’envie, en raison d’une baisse de forme, d’un inconfort ou d’une douleur. L’apathie est généralement associée à une baisse d’appétit. Le chat semble indifférent à ce qui l’entoure, ne sort plus, voire se cache. 
  • Un chat faible présente une baisse de tonus musculaire. Généralement, le chat arrive à se déplacer, mais plus lentement ou moins longtemps, ou en chancelant
  • Un chat paralysé ne se tient pas debout même lorsqu’on le soutient et ne bouge plus ses pattes, sauf pour certains réflexes. Lorsque cela concerne les postérieurs, le chat se tient sur ses pattes avant mais traine ses pattes de derrière. Un chat parétique ou ataxique peut encore tenir debout mais a du mal à placer ses pattes dans l’espace, il peut chuter, perdre l’équilibre. 
  • Un chat avec une boiterie de soutien n’arrive plus à soutenir son poids du corps suite à un problème sur le ou les membres atteints : La patte “fonctionne” mais le fait de la poser est trop douloureux, ou parce qu’elle se dérobe sous lui. 

Pourquoi un chat devient-il soudainement faible ?

De nombreuses causes expliquent une baisse de mobilité. Il est difficile de les différencier à la maison, car plusieurs maladies entraînent des symptômes très proches.

Alors que l’apathie correspond à un nombre important de maladies (fièvre, maladie digestive, insuffisance respiratoire, problème urinaire, maladie sanguine, tumeur, hémorragie, virus…), la faiblesse est plus spécifique et correspond généralement à un trouble électrolytique, une  anémie, mais peut également être plus rarement d’origine génétique, toxique ou neurologique. L’ataxie, la paralysie et la parésie peuvent être dues à un problème vasculaire, infectieux, inflammatoire, traumatique, congénital, sanguin, toxique, idiopathique, tumoral, dégénératif. Lors de boiterie de soutien, on recherche une fracture, une luxation, une infection, une tumeur, une rupture ligamentaire…

La première étape est donc d’essayer de savoir dans quelle situation on est 


Que faire à la maison si le chat ne se déplace pas ? 

Rechercher des signes de douleur

Le chat exprime souvent sa douleur de façon discrète. Plutôt que de miauler, il se cache, reste immobile, évite les contacts ou refuse de se déplacer. Un dos voûté, une respiration rapide, une agressivité inhabituelle au toucher ou un refus de changer de position traduisent parfois une douleur. Un chat douloureux devrait être vu rapidement pour le soulager. 

Rechercher une atteinte de l’état général 

Essayez de déterminer si votre chat a mangé autant que d’habitude, ou s’il garde de l’appétit si vous lui proposez à manger. Observez sa respiration, ses selles, ses urines, s’il a vomi, s’il est conscient. 

Essayez de faire fuir le chat : sans lui faire trop peur, c’est plus facile que de le faire marcher vers vous. Un chat apathique se déplace normalement s’il est mis dans une situation qui l’exige, mais doit tout de même être vu rapidement 

Essayer de soulever doucement le chat 

Si votre chat tiens debout sans aide, il n’est pas paralysé. S’il arrive à enchaîner quelques pas avec du soutien, essayez de déterminer la patte qui le gène le plus. Si le chat tombe a peine mis debout, il faut consulter rapidement. Il est important également d’observer le chat dès le début des symptômes afin d’identifier si la situation s’aggrave : un chat parétique peut en effet se paralyser en quelques heures à quelques jours, selon les cas, par exemple. Certaines pathologies, en particulier les thrombo embolies, sont, indépendamment de la paralysie, des urgences vitales. 

Quels signes nécessitent une consultation immédiate ?

Une baisse d’activité isolée ne signifie pas toujours qu’une urgence est en cours. En revanche, un changement brutal ou plusieurs symptômes associés doivent vous alerter.

Contactez rapidement un vétérinaire si votre chat :

  • Ne parvient plus à se lever ou à marcher, ne tiens plus debout même avec de l’aide
  • Semble difficile à réveiller ou réagit très peu.
  • Présente une paralysie soudaine d’une ou plusieurs pattes
  • Respire rapidement, difficilement ou la bouche ouverte.
  • Présente des gencives très pâles ou bleutées.
  • Semble souffrir intensément.
  • Perd connaissance ou convulse.
  • Vomit de façon répétée
  • A été exposé à un produit toxique.
  • Se dégrade rapidement.

Chez un chat qui ne se déplace pas, l’urgence dépend donc de s’il ne veut pas se déplacer ou ne peut pas se déplacer, du délai d’apparition des symptômes et du degré d’atteinte de l’état général. En cas de doute, contactez une clinique vétérinaire afin de décrire précisément ce que vous observez.

Pendant le transport, gardez votre chat au calme dans une caisse et limitez les manipulations, notamment s’il semble douloureux ou paralysé.

Diagnostic vétérinaire et prise en charge

En clinique, le vétérinaire évalue d’abord les fonctions essentielles : Le coeur, la respiration, la température et le niveau de douleur. L’examen permet ensuite de rechercher l’appareil à l’origine de la perte de mobilité. 

Il est important pour ce type de motif de consultation que le vétérinaire puisse observer le chat se déplacer ; la réalisation de vidéos au domicile avant la consultation est souvent pertinente. 

L’examen neurologique consiste en la réalisation de tests simples par le vétérinaire, grâce à certains outils (marteau à réflexe, pince, lumière…) qui permet d’évaluer globalement le bon fonctionnement du cerveau, de la moelle épinière et des nerfs. 

L’examen orthopédique consiste  en la manipulation des os, des articulations et la palpation des muscles et des tendons, associés à des tests visant à détecter une douleur, ou une anomalie de mobilité. Soyez indulgents ! Cet examen n’est pas toujours facile à réaliser sur un chat, qui généralement déteste qu’on lui manipule les pattes, et qui peut parfois avoir mal lors des manipulations. Le cas échéant, un antalgiques voire une sédations pourront être nécessaires au bon déroulement de l’examen. 

Selon les résultats de l’examen et les symptômes du chat, le vétérinaire vous proposera de réaliser, immédiatement ou plus tard, des examens dits complémentaires, visant à détecter ou exclure certaines maladies : bilan sanguin, dépistage, radiographie, échographie, scanner, IRM, EMG,. 

Le traitement et le pronostic dépend entièrement de la cause identifiée. Une hospitalisation est parfois nécessaire. 

Si votre chat devient brutalement très faible, ne réagit plus ou perd l’usage de ses pattes, contactez rapidement un vétérinaire. Les équipes de Vet-Urgentys, à Toulouse Purpan et Montaudran, évaluent son état et mettent en place les soins adaptés.