Convulsions chez le chat : que faire ?
Voir son chat faire une crise convulsive est particulièrement déstabilisant. Les convulsions sont dangereuses pour votre animal, quelle que soit leur origine. Une crise isolée n’a toutefois pas les mêmes conséquences qu’un épisode prolongé ou que plusieurs crises.
Dans tous les cas, un avis vétérinaire permet d’évaluer la situation et d’en rechercher l’origine.
Comment reconnaître une convulsion chez le chat ?
Contrairement aux convulsions chez le chien, chez le chat, les crises sont souvent plus discrètes et ne touchent qu’une partie du corps. Le chat présente alors des mouvements anormaux de la tête ou d’un membre, un regard fixe ou des comportements inhabituels : il peut machouiller, baver, mais aussi bouger les moustaches et cligner des yeux de manière rapide et répétée. Il peut également faire des absences.
Comme chez le chien, une crise convulsive peut concerner tout le corps. Le chat devient raide, peut tomber sur le côté et effectue parfois des mouvements rapides des pattes, comme s’il pédalait. Il peut miauler, saliver, claquer des mâchoires, urine ou défèque involontairement. Parfois, il peut mettre plusieurs heures à récupérer : il est agité ou désorienté, voir fatigué
Chez le chat, des crises audiogéniques existent même : elles sont déclenchées par un bruit aigu, le plus souvent chez des vieux animaux avec des déficits auditifs.
Il est parfois difficile, sans être un professionnel, ou sans avoir vu l’animal en crise, de distinguer une crise convulsive, d’un animal qui fait un syndrome vestibulaire, une lipothymie, une narcolepsie, une syncope, des crampes musculaires …
Quelles sont les causes possibles ?
Un chat qui convulse ne souffre pas nécessairement d’épilepsie essentielle. L’épilepsie est moins fréquente chez le chat que chez le chien : on estime qu’elle concerne seulement un chat sur 4 qui convulse
Toute crise, même isolée, nécessite donc première consultation afin de s’assurer :
- Que l’animal l’a pas pu ingérer un produit toxique insecticide, antigel, peinture au plomb
- Que son bilan sanguin est normal, en particulier qu’il n’ai pas une hypoglycémie, un trouble électrolytique, une insuffisance hépatique, ou rénale
- Que sa tension artérielle est normale
- Qu’il n’est pas à risque de présenter une encéphalite (virale, parasitaire, dysimmunitaire)
- Qu’il n’a pas eu de trauma crânien, ou qu’il ne présente pas d’anomalie congénitale (hydrocéphalie)
- Que son régime alimentaire est adapté
L’ensemble de ces maladies nécessite en effet un diagnostic et une prise en charge rapide.
Si l’animal fait plusieurs crises, alors il est préférable de rechercher
- Une encéphalite
- Une tumeur cérébrale
- Un accident vasculaire
- Une maladie génétique
- Une épilepsie essentielle
En effet, les traitements et surtout le pronostic sont très différents selon les cas.
Des examens de laboratoire et d’imagerie sont généralement nécessaires au diagnostic de ces pathologies ; le vétérinaire est là pour vous éclairer sur les modalités de ces examens, et quand les programmer.
Bien qu’il soit généralement possible de mettre en place un traitement anticonvulsivant sans réaliser d’examens, la réponse au traitement peut d’être décevante s’il ne s’agit pas d’une épilepsie essentielle, et le traitement peut être même être inutile en cas d’hypertension artérielle, de problème électrolytique, d’accident vasculaire ou de maladie génétique, voire dangereux en cas d’insuffisance hépatique.
Quand consulter ?
Si votre animal vient de faire une première crise, ou qu’il est déjà sous traitement anticonvulsivant, il est préférable de contacter un vétérinaire pour décider de la marche à suivre (consultation immédiate ou différée).
Si votre animal a fait une crise de plus de 5 minutes, ou s’il a fait plusieurs crises sur une période de 24 heures, s’il ne semble pas récupérer après la crise ou s’il présente une baisse d’appétit ou d’autres problèmes (digestifs, respiratoires), si vous pensez qu’il a pu s’intoxiquer ou qu’il y a eu un trauma (il est tombé de plusieurs mètres, il a été mordu à la tête, il saigne de la bouche, il est gonflé de la tête) s’il est sous traitement à l’insuline, mieux vaut consulter immédiatement. Si votre vétérinaire ne peut vous recevoir, nous vous invitons à nous contacter avant votre venue.
Une crise prolongée ou des crises rapprochées s’auto entretiennent et entraînent parfois une augmentation importante de la température corporelle et des complications graves, dont l’œdème cérébral.
Que faire pendant une crise ?
Pendant les convulsions chez le chat, votre priorité est d’éviter qu’il ne se blesse.
Adoptez quelques réflexes simples :
- Éloignez les meubles, objets pointus ou autres éléments contre lesquels il risque de se cogner.
- Protégez-le d’une éventuelle chute.
- Réduisez si possible le bruit et la lumière.
- Chronométrer la crise dès son début, et si c’est la première fois, filmer la
- N’essayez pas de maintenir votre chat ni de bloquer ses mouvements. Ne mettez jamais vos doigts ou un objet dans sa bouche : il ne risque pas d’avaler sa langue et pourrait vous mordre involontairement.
- Ne lui donnez ni nourriture, ni eau, ni médicament par voie orale pendant l’épisode.
- Lorsque la crise s’arrête, laissez-le récupérer au calme. Évitez les manipulations inutiles et surveillez son comportement.
- Si vous avez un doute, essayez de filmer l’épisode sans vous mettre en danger. La vidéo est souvent très utile au vétérinaire pour comprendre ce qui s’est passé.
Prise en charge
Si le chat qui convulse est encore en crise en arrivant, des médicaments anticonvulsivants seront administrés rapidement.
Un examen général et neurologique complet est réalisé, et parfois des examens complémentaires.
Selon le contexte, parfois, seuls des examens seront réalisés, parfois, une mise sous médicaments voire une hospitalisation peuvent s’avérer nécessaire.
Les équipes de Vet-Urgentys, à Toulouse Purpan et Montaudran, disposent d’un plateau technique adapté aux urgences pour surveiller votre chien, gérer une crise et réaliser les premiers examens.
Quand consulter immédiatement ?
Une crise convulsive justifie au minimum de contacter un vétérinaire, en particulier lorsqu’il s’agit du premier épisode.
Certaines situations nécessitent cependant une prise en charge immédiate. Si votre chat convulse, l’urgence est notamment réelle lorsque :
- La crise dure plus de 5 minutes.
- Plusieurs crises se succèdent en peu de temps.
- Votre chat ne récupère pas normalement entre deux crises.
- Il reste inconscient ou très abattu après l’épisode.
- Il présente des difficultés respiratoires.
- Vous suspectez une intoxication ou un traumatisme.
- Son état général se dégrade rapidement.
Une crise prolongée entraîne parfois une forte augmentation de la température corporelle ainsi que des complications neurologiques. Des crises répétées sans récupération complète entre les épisodes constituent également une situation grave.
Dans ces cas, contactez la clinique et transportez votre chat dès que possible une fois la crise terminée. Si elle se poursuit, suivez les consignes données par l’équipe vétérinaire pour sécuriser le transport. Gardez si possible les informations sur la durée de la crise et le nombre d’épisodes observés : elles aideront le vétérinaire à évaluer la situation dès votre arrivée.
Diagnostic et traitement en clinique
En clinique, le vétérinaire commence par évaluer l’état général du chat et recherche les éléments susceptibles d’expliquer la crise : âge, antécédents, durée de l’épisode, exposition éventuelle à un toxique ou traumatisme récent.
Un examen clinique et neurologique est réalisé. Des analyses sanguines servent notamment à rechercher une anomalie du taux de sucre, des électrolytes ou du fonctionnement de certains organes.
Selon les résultats et le contexte, d’autres examens sont parfois nécessaires, notamment une imagerie destinée à explorer plus précisément le cerveau ou à rechercher une cause sous-jacente.
Si le chat est encore en crise ou présente des épisodes répétés, des médicaments anticonvulsivants sont administrés rapidement. Une hospitalisation s’avère parfois nécessaire pour surveiller son état, prévenir de nouvelles crises et traiter la cause identifiée.
Une crise neurologique chez le chat ne doit pas être banalisée, mais elle ne signifie pas non plus systématiquement qu’une maladie grave est présente. Les équipes de Vet-Urgentys, à Toulouse Purpan et Montaudran, examinent votre animal, stabilisent une crise en cours et recherchent son origine afin de mettre en place la prise en charge adaptée.