Écoulement vulvaire chez la chienne : quels sont les signes d'alerte ?
Un écoulement vulvaire chez la chienne, peut avoir de nombreuses origines. Certaines sont normales et physiologiques, comme les chaleurs ou les suites d’une mise bas. D’autres nécessitent une prise en charge vétérinaire rapide, voire urgente, notamment en cas de pyomètre, de métrite, de vaginite, ou de complication liée à une gestation.
La couleur, l’aspect, l’odeur, la quantité et le contexte sont des éléments essentiels pour orienter le diagnostic. L’âge de la chienne, son statut de stérilisation, la date des dernières chaleurs, une éventuelle saillie ou une mise bas récente sont également importants.
Les écoulements normaux : quand ne pas s’inquiéter ?
Les chaleurs chez la chienne
Chez une chienne non stérilisée, un écoulement vulvaire sanglant, rosé ou rouge clair est normal pendant les chaleurs. Il survient généralement deux fois par an selon les chiennes et peut durer environ 2 à 4 semaines.
Pendant cette période, la vulve est souvent gonflée. La chienne peut se lécher davantage, attirer les mâles, être plus câline, plus nerveuse ou modifier légèrement son comportement.
Une consultation n’est pas nécessaire si l’écoulement reste compatible avec les chaleurs, que la chienne mange, boit normalement et garde un bon état général.
En revanche, si l’écoulement devient purulent, verdâtre, très abondant, malodorant, ou si votre chienne semble abattue, il faut consulter.
Après la mise bas
Après une mise bas, un écoulement vulvaire est fréquent. Il s’agit des lochies, c’est-à-dire des pertes liées au nettoyage naturel de l’utérus après la naissance des chiots.
Ces pertes peuvent être verdâtres, rouge foncé puis brunâtres, et diminuer progressivement. Elles peuvent durer plusieurs jours après la mise bas.
Cependant, une consultation est nécessaire si l’écoulement devient purulent, très malodorant, abondant, ou si la chienne présente de la fièvre, un abattement, des vomissements, une perte d’appétit ou si elle délaisse ses chiots. Ces signes peuvent évoquer une métrite ou une autre complication post-partum.
Les signes d’alerte immédiat : consultation d’urgence
Certains signes doivent vous alerter dès les premières observations. Contactez rapidement un vétérinaire si votre chienne présente un écoulement vulvaire associé à l’un des symptômes suivants :
- écoulement purulent, jaunâtre, verdâtre, marron ou franchement malodorant ;
- abattement, grande fatigue ou prostration ;
- perte d’appétit ;
- vomissements ;
- soif anormalement importante ;
- fièvre ou suspicion de fièvre ;
- ventre gonflé ou douloureux ;
- écoulement sanguinolent pendant une gestation, en dehors du terme ;
- masse visible sortant de la vulve ;
- douleur importante, léchage intense ou gêne marquée.
Chez une chienne non stérilisée, surtout dans les 2 mois suivant les chaleurs, un écoulement purulent ou malodorant doit faire suspecter un pyomètre jusqu’à preuve du contraire. Il s’agit d’une urgence vétérinaire vitale, le pyomètre pouvant rapidement se compliquer d’un choc septique.
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Les écoulements anormaux : les causes à identifier
L’ensemble des pathologies présentées ci-dessous peuvent être à l’origine d’écoulement vulvaire anormaux. Certaines, notamment le pyomètre et la métrite, nécessitent une prise en charge en urgence et peuvent engager le pronostic vital de l’animal.
La pyomètre : une urgence médicale
La pyomètre est une infection grave de l’utérus, fréquente chez les chiennes non stérilisées de plus de 6 ans, survenant généralement dans les 2 mois suivant les chaleurs. C’est l’une des urgences vétérinaires les plus fréquentes et les plus sérieuses chez la chienne.
Il existe deux formes :
- Pyomètre ouverte : écoulement vulvaire purulent, jaunâtre ou verdâtre, souvent malodorant. La chienne boit beaucoup, urine fréquemment, est abattue et manque d’appétit.
- Pyomètre fermée : pas d’écoulement visible, mais l’utérus se remplit de pus. C’est la forme la plus dangereuse : le ventre peut être distendu, la chienne est très abattue, peut vomir et présenter une fièvre élevée.
Dans les deux cas, une intervention chirurgicale (ovariohystérectomie) est nécessaire en urgence. Sans traitement, le pyomètre peut évoluer vers un choc septique et être fatal en quelques jours.
La métrite
La métrite est une infection de l’utérus survenant généralement dans les jours suivant une mise bas ou une saillie. Les signes sont similaires à ceux d’un pyomètre à col ouvert (écoulement vulvaire purulent malodorant, fièvre, abattement marqué) ; on les différencie l’un et l’autre par leur moment d’apparition. C’est une urgence qui nécessite une prise en charge rapide.
La vaginite
La vaginite est une inflammation du vagin, plus fréquente chez les jeunes chiennes prépubères ou les chiennes stérilisées. Elle se manifeste par un écoulement muqueux blanc ou jaunâtre, parfois accompagné de léchages fréquents de la vulve. Elle est rarement grave mais doit être diagnostiquée et traitée par un vétérinaire, notamment pour exclure une cause bactérienne nécessitant des antibiotiques.
Les tumeurs vaginales ou utérines
Chez les chiennes âgées non stérilisées, un écoulement vulvaire persistant et inhabituel peut signaler une tumeur vaginale ou utérine. L’écoulement peut être sanguinolent, muqueux ou purulent. Un examen vétérinaire avec imagerie est nécessaire pour établir le diagnostic.
Elles peuvent aussi présenter des masses vaginales visibles directement à l’entrée de la vulve : elles sont souvent bénignes mais nécessitent néanmoins une consultation vétérinaire.
Les fausses couches ou résorptions foetales
Chez une chienne gestante, un écoulement verdâtre ou sanguinolent en dehors du terme peut indiquer une fausse couche ou une résorption fœtale. Une consultation vétérinaire rapide s’impose pour évaluer l’état des fœtus restants et l’état général de la mère.
L’hyperplasie vaginale
En période de chaleurs (et plus rarement en cours de gestation), une prolifération excessive de la muqueuse vaginale peut provoquer un prolapsus partiel visible à l’extérieur de la vulve, accompagné de léchages et parfois d’un écoulement. Cela nécessite une consultation, notamment pour écarter une complication et envisager la stérilisation.
Prolapsus de l’appareil génital
Il s’agit d’une éversion en doigt de gant de la paroi interne de l’appareil géniral, visible au niveau de la vulve. Elle est souvent d’origine traumatique (mise bas, avortement, séparation brutale lors de la saillie) et peut être utérine ou vaginale.
Il nécessite une prise en charge en urgence, afin de limiter les risques de nécrose et infection de la partie éversée.
Comment décrire l’écoulement à votre vétérinaire ?
Pour orienter le diagnostic, votre vétérinaire aura besoin de plusieurs informations. Notez-les avant d’appeler ou de consulter :
- La couleur : transparent, blanc, jaune, vert, marron, rouge, rosé
- L’aspect: liquide, épais, grumeleux, filant
- L’odeur : neutre, légèrement musquée (normal aux chaleurs), ou franchement malodorante (signe d’infection)
- La quantité : quelques gouttes, écoulement continu, traces sur le sol
- Le contexte : date des dernières chaleurs, saillie récente, gestation, stérilisation ou non, âge de la chienne
- Les autres signes associés : abattement, fièvre, vomissements, soif excessive, perte d’appétit, ventre distendu
Que faire à la maison avant de consulter ?
En attendant l’avis du vétérinaire, gardez votre chienne au calme et surveillez son comportement. Notez tout signe clinique anormal, et, dans la mesure du possible, laissez la à jeun.
Vous pouvez nettoyer délicatement la zone vulvaire avec une compresse propre et un peu de sérum physiologique si les pertes souillent fortement le pelage. Évitez les désinfectants agressifs, les produits parfumés ou les lavages internes.
Ne donnez jamais d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires ou d’antalgiques humains sans avis vétérinaire. Certains médicaments peuvent être toxiques ou masquer des signes importants.
Empêchez autant que possible le léchage excessif, car il peut aggraver l’irritation. Une collerette peut être utile si votre vétérinaire vous la recommande.
Si votre chienne est abattue, vomit, boit beaucoup, a le ventre gonflé, présente un écoulement malodorant ou semble douloureuse, ne cherchez pas à attendre l’évolution : contactez rapidement un vétérinaire.
Comment traiter un écoulement vulvaire chez la chienne ?
Le traitement dépend entièrement de la cause.
- Lors de chaleurs normales, aucun traitement n’est nécessaire. Une surveillance suffit, à condition que la chienne reste en bon état général.
- En cas de pyomètre, le traitement de référence est chirurgical. L’ovariohystérectomie permet de retirer l’utérus infecté et d’éviter les récidives. Des antibiotiques seuls ne suffisent pas à traiter durablement un pyomètre et peuvent retarder une prise en charge indispensable.
- En cas de métrite, une hospitalisation, des perfusions, des antibiotiques et parfois une intervention chirurgicale peuvent être nécessaires.
- En cas de vaginite, le traitement peut inclure des anti-inflammatoires, des antalgiques, et des antibiotiques si une infection bactérienne ou urinaire secondaire est confirmée.
- En cas de tumeur, le traitement dépendra de la localisation, de l’extension et de l’état général de la chienne. Il peut inclure une chirurgie, des examens complémentaires et un suivi spécialisé.
- En cas de prolapsus utérin ou vaginal, une remise en place manuelle sous anesthésie est souvent nécessaire. Des traitements anti-inflammatoires, antalgiques, et antibiotiques peuvent être prescrit afin d’éviter une récidive immédiate.
- En cas de fausse couche ou résorptions foetales, une césarienne d’urgence pourra vous être proposé si le pronostic vital de la mère ou des chiots est engagé.
- L’hyperplasie vaginale, quant à elle, est d’origine hormonale. Son traitement peut être chirurgical lors des cas avancés, avec surinfection, ou médicamenteux si le statut reproducteur de l’animal est à préserver.
La stérilisation : le meilleur moyen de prévention
La stérilisation est le moyen le plus efficace de prévenir la majorité des maladies de l’utérus, notamment le pyomètre et certaines complications hormonales.
Elle peut aussi réduire fortement le risque de tumeurs mammaires lorsqu’elle est réalisée précocement, selon l’âge et le cycle de la chienne. Le moment idéal doit être discuté avec votre vétérinaire, car il dépend de la race, de l’âge, du gabarit, de l’état de santé et du mode de vie de l’animal.
Si votre chienne n’est pas destinée à la reproduction, la stérilisation est une option préventive importante à envisager avec votre vétérinaire traitant.